Récits de la mémoire (6/7) — Toulouse, la cellule du Choix révolutionnaire
Chaque jour cette semaine, jisr.media publie un nouvel épisode de « Récits de la mémoire », la série de Charaf Rifai. Docteur en chimie formé à l’université de Toulouse, resté engagé des deux côtés de la Méditerranée, il a été élu adjoint au maire en France pendant douze ans et milite aujourd’hui au sein de la Fédération de la Gauche Démocratique. Dans cette série, il revient sur les moments qui ont façonné sa trajectoire — entre le Maroc de son enfance et la France où il a construit sa vie.
Récit 6
À Montpellier, dès notre arrivée, nous avons été accueillis au restaurant universitaire par des membres du bureau de la section de l’Union Nationale des Étudiants du Maroc. J’y ai rencontré ensuite un groupe d’étudiants marocains appartenant à différentes tendances étudiantes : les étudiants progressistes, les étudiants de l’Union socialiste, les étudiants démocrates, et les étudiants unionistes partisans du Choix révolutionnaire. Le responsable de cette dernière tendance, à laquelle j’ai adhéré, était le camarade dramaturge Mahjoub Benmoussa, dont le nom de guerre était Youssef, aujourd’hui résident aux Pays-Bas.
Lors de l’année universitaire 1979-1980, j’ai rejoint l’université Paul-Sabatier, faculté des sciences, filière physique-chimie, à Toulouse, où j’ai fondé, avec quelques camarades, une cellule du mouvement Choix révolutionnaire, puis la tendance étudiante « Unité et Démocratie ».
J’étais responsable de cette tendance localement à Toulouse, ainsi que responsable au niveau de la fédération Europe de l’Union Nationale des Étudiants du Maroc. Le camarade Mohamed El Mejlaoui, qui avait commencé ses études à Nantes, nous a rejoints ; il a consolidé les liens entre les étudiants d’Unité et Démocratie et les Compagnons des martyrs au Maroc.
Parmi les autres responsables de ce secteur, je me souviens de Jaafar Bennis, Hamid El Mosdaq, Mohamed El Mohammadi, Ali El Jennati, Salah Eddine El Manouzi et Idriss Benaïssa.
En 1984, j’ai été élu membre du bureau de la section, et j’ai également été élu délégué au Conseil fédéral, où j’ai présenté la plateforme de notre tendance. Le bloc formé par les trois tendances — les étudiants de l’Union socialiste, les étudiants du parti du Progrès et du Socialisme, et les étudiants démocrates rattachés à l’Organisation de l’action démocratique populaire — représentaient la majorité, et leur pratique était marquée par l’exclusion des autres courants. C’est à ce moment-là que nous avons rencontré les camarades de la tendance « Unité et Lutte », rattachée à la Ligue de l’action révolutionnaire, née de la scission survenue au sein de l’organisation du 23 Mars. Ces rencontres ont préparé le rapprochement militant et politique qui a débouché, plus tard, sur la fusion au sein du Parti de l’Avant-garde démocratique et socialiste, jusqu’à la Fédération de la Gauche Démocratique.
— À suivre demain : le septième et dernier récit.
Charaf Rifai





