📸 REPORTAGE · ART ET CULTURE
Du 13 au 18 octobre 2026, El Jadida a vécu au rythme des sabots. Pour sa 17e édition, le Salon du Cheval a réuni éleveuses, éleveurs, cavalières, cavaliers et curieux autour d’un thème : « Le cheval au service de l’humain ». Au programme : la tbourida, les chevaux arabes, et une journée entière consacrée au numérique. Et l’application « Farass » a fait son premier bilan.
Un rendez-vous installé depuis 2008
Le Salon du Cheval d’El Jadida existe depuis 2008. Il se tient sous le haut patronage du roi Mohammed VI, au Parc des expositions Mohammed VI, et il est organisé par l’Association du Salon du Cheval.
Cette année, les organisateurs annonçaient plus de 150 000 visiteuses et visiteurs, plus de 700 cavaliers, plus de 1 100 chevaux et une centaine d’exposantes et d’exposants venus d’une cinquantaine de pays. Le thème met l’accent sur nos responsabilités envers l’animal : respect, dignité, bien-être.
Le numérique s’invite dans les écuries
Par Hajar Aziaz — collaboration spéciale

Le mardi 13 octobre, la salle de conférences a accueilli la 3e édition du Digital Horse Day, organisée par le Pôle Digital du ministère de l’Agriculture : « Le digital au service du lien homme-cheval ». Elle était présidée par le secrétaire général du ministère et modérée par Ouadih Dada. Ouverture par la Pre Loubna El Mansouri, directrice du Pôle Digital, puis par Redouane Arrach et Omar Skalli, directeur général de la SOREC.
Farass, un an après. Anwar Essougdali, de la SOREC, a annoncé que tous les engagements des éleveuses et éleveurs aux concours d’élevage 2026 se sont faits par l’application « Farass ». Elle compte deux parcours :
- Le parcours public : élevage, tbourida (résultats des concours régionaux suivis en direct) et courses (calendrier, résultats, palmarès, direct), avec un fil d’actualités.
- Le parcours professionnel : dossier, portefeuille et situation financière, suivi des juments, des naissances et des chevaux à l’entraînement, décisions des commissaires de courses. Le service clé : s’inscrire aux concours et aux courses sans se déplacer, depuis l’écurie.
Pour le cheval, cela veut dire une identité et des origines documentées, de la naissance à la fin de sa carrière. Pour le secteur, une information plus fiable et plus transparente.
Un exemple français. Vérane Chastel, des Écuries du Clos de la Motte (Pays de la Loire), a décrit l’alimentation automatisée. Le cheval entre, les portes se ferment, une antenne lit sa puce, l’ordinateur vérifie sa ration, puis les portes s’ouvrent vers sa zone. Après un mois de courtes séances, les chevaux s’y font. Le Dr Patrick Galloux, ancien écuyer du Cadre noir de Saumur et responsable de MotionXpert, a rappelé qu’en 1990 on chargeait le cavalier de treize kilos de matériel. Aujourd’hui, c’est léger et sans fil.
La psychologie du cheval ? Techniquement possible, a répondu le Dr Galloux : un cheval de saut doit s’adapter sans cesse, un cheval de dressage doit rester régulier. Ces différences s’observent tôt, chez les chevaux comme chez les cavalières et cavaliers.
Dans les allées : fanfare et chevaux arabes
Dans le hall d’exposition, une fanfare en uniforme blanc, tambours vert et or, a défilé devant une grande fresque de cheval cabré. Les visiteuses et visiteurs sortaient leur téléphone.
Plus loin, dans un décor violet orné de bouquets, les chevaux arabes défilaient un à un sur le ring de sable, tenus en main par leurs présentateurs. Au programme : le concours international du cheval arabe pur-sang et les coupes des éleveurs pour les barbes et arabe-barbes. La filière compte environ 1,7 million d’équidés au pays, dont quelque 60 000 arabe-barbes identifiés par la SOREC.


La tbourida, le grand frisson
Une ligne de cavaliers en blanc, les fusils levés, les chevaux au galop côte à côte. Puis un seul coup de feu, tiré tous ensemble. La sorba est réussie quand on n’entend qu’une seule détonation. Pas simple, vous en conviendrez.
Le Grand Prix de Sa Majesté le roi Mohammed VI de tbourida se joue en plusieurs manches, avec une finale le 17 octobre et une démonstration le 18. L’UNESCO a inscrit cette pratique au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2021.
Plus qu’un spectacle
Un contrat-programme 2024-2030 vise à mieux structurer la filière, en misant sur le barbe et l’arabe-barbe. Le centre de formation de Dar Baroud, à Benslimane, accompagne les éleveuses, les éleveurs et les troupes de tbourida.
Le numérique fait partie de notre quotidien, le cheval de notre histoire. Les voir se rencontrer à El Jadida, c’est plutôt bon signe. Reste une question : ces outils arriveront-ils jusqu’aux petits éleveurs, ceux qui n’ont ni stand ni caméra ?
Lisez-nous.
Merci, Hajar. La rédaction de Jisr.media remercie chaleureusement Hajar Aziaz pour cette collaboration spéciale : sa présence au Salon du Cheval d'El Jadida, ses notes, ses photos et ses vidéos nous ont permis de vous faire vivre l'événement de l'intérieur. Nos pages lui restent grandes ouvertes.
Photos : Jisr.media, Salon du Cheval d’El Jadida, octobre 2026.




