🕯️
29 OCTOBRE
Mehdi Ben Barka, enlevé à Paris le 29 octobre 1965.
Houcine El Manouzi, enlevé à Tunis le 29 octobre 1972.
La rédaction de Jisr.media s'incline devant leur mémoire. Elle adresse ses pensées les plus fraternelles aux familles Ben Barka et El Manouzi, et à toutes les familles des victimes de disparitions forcées, de détentions arbitraires et de tortures des années de plomb, qui attendent depuis des décennies de savoir, de pouvoir se recueillir et d'obtenir justice.
Aux anciens tortionnaires et à ceux qui ont ordonné, couvert ou organisé ces crimes, nous disons simplement ceci : le temps n'efface rien. Les disparitions forcées ne se prescrivent pas tant que le sort des disparus n'est pas établi. Rien n'arrêtera les appels à la vérité, à la réparation et à la justice, ni la demande que les responsables de cette période répondent de leurs actes devant les tribunaux.
Nous n'oublions pas.
Le 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka, figure de l’opposition marocaine et du tiers-mondisme, était enlevé devant la brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain, à Paris. Il n’a jamais été revu. Le 29 octobre 1972, Houcine El Manouzi, syndicaliste et militant de l’UNFP, était enlevé à Tunis. Sept ans d’écart, une même date, et la même absence de vérité.
Ben Barka : 61 ans, et une enquête toujours ouverte
En France, l’information judiciaire ouverte en 1975 n’est toujours pas close. Une nouvelle juge d’instruction a repris le dossier et a entendu le fils de Mehdi Ben Barka, partie civile, en juillet 2025. Des cinq mandats d’arrêt internationaux émis en 2007, deux seulement restaient valables en 2025, selon la presse française : les trois autres personnes visées sont décédées.
Le secret-défense continue de peser. Les levées successives sont restées partielles : la famille indiquait en 2025 que, sur environ 400 pages saisies, 144 seulement étaient lisibles. Et les demandes d’entraide adressées par la justice française au Maroc restent sans réponse depuis plus de quinze ans.
El Manouzi : 54 ans, un sort toujours inconnu
Houcine El Manouzi aurait été ramené au Maroc dans le coffre d’une voiture diplomatique. Il s’évade du centre secret de détention connu sous le nom de PF3, à Rabat, le 13 juillet 1975, avant d’être repris quelques jours plus tard. Depuis, son sort reste inconnu. En janvier 2020, l’Instance Vérité et Dignité tunisienne a reconnu une disparition forcée et une atteinte au droit à la vie. Sa mère, Khadija Chaou, a cherché la vérité jusqu’à sa mort, en octobre 2016, à 94 ans.
Une page que l’IER n’a pas refermée
L’Instance Équité et Réconciliation a élucidé 742 cas de disparition. Ceux de Mehdi Ben Barka et de Houcine El Manouzi n’en font pas partie. Nous l’avons rappelé dans Pièces du puzzle 5 : tant que le sort des disparus n’est pas établi, la page des années de plomb ne peut pas être tournée.
Nos pages restent ouvertes aux familles, à leurs avocats et à tous ceux qui détiennent une information : jisrmedia@jisr.media.



